27ème dimanche du Temps Ordinaire – 7 octobre 2018

Avant la première lecture de la Genèse 2, 18-24

Frères et sœurs, quand vous entendrez le mot homme dans cette lecture, c’est en fait le mot ish en hébreu (אִישׁ) qui est employé et qui signifie humain, qui n’est pas encore sexué : vous allez voir, cela change la compréhension de cette lecture

Après la première lecture :

Si vous avez bien mis le mot humain au lieu d’homme à l’écoute de cette lecture, cela donne encore plus de force à la méditation… Dans un sommeil mystérieux à partir d’un côté de l’humain Dieu crée la femme. Alors l’homme, le masculin apparaît : que fait-il ? Il continue de s’appeler l’humain comme s’il ne supportait pas de ne pas être le tout et de manquer. Il s’accapare la femme, et l’appelle Ishsha (אִשָּׁה), car il détermine qu’elle dépend de lui. L’homme n’accepte pas, de ne pas savoir, de ne pas maîtriser ce qui c’est passé dans ce sommeil mystérieux. Il a du mal à accueillir la part d’inconnue en lui en l’autre, don de Dieu. Il ne parle pas à la femme dans le texte et ne perçoit pas que l’autre se donne à découvrir dans la parole, dans une juste distance et non pas la fusion, à partir d’un manque en soi même, de l’être blessé que je suis, né de la séparation et de la différenciation ici dans le texte homme, femme.

Je crois très fortement à la nécessité de la différenciation entre deux êtres qu’ils soient homme-homme ; femme-femme ou homme -femme. Cette insistance sur la différenciation entre ce qu’est ou doit être le masculin et ce qu’est ou doit être le féminin m’interpelle car je constate que souvent il est à la base d’une domination de l’homme, sur la femme. Cette différenciation homme femme, à la base de notre conception catholique du couple m’interpelle. Heureusement l’église catholique ne reconnaît plus l’homosexualité comme une pathologie. Je crois qu’il nous faut aller plus loin pour que chaque personne homo sexuelle soit persuadée d’être aimé de Dieu, accueilli dans l’Église et que son amour de couple et sa vie de famille soient bénis de Dieu.

Mc 10, 2-16

Frères et sœurs, je demande pardon pour toutes ces femmes et tous ces hommes divorcés, divorcés remariés, homosexuelles qui se sont vus privés de l’accueil de la communauté, de prêtres, de la grâce des sacrements.

Dans l’évangile de ce jour, Jésus est mis à l’épreuve par des pharisiens qui veulent le piéger grâce à la loi religieuse. Est-il possible de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? Le mariage n’est il pas pour la vie, indissoluble ? Dans ce contexte Jésus donne sa réponse.

Ce que dit Jésus est une parole forte à accueillir pour la vie de couple quel qu’il soit. Se donner à l’autre, l’accueillir toute sa vie est une volonté, un souhait d’un très grand nombre de personnes aujourd’hui qui se marient et qui rejoint cette parole forte de Jésus de s’aimer tout la vie. Nous avons des exemples de couple qui ont traversé la vie avec ses joies et ses épreuves et qui nous donne à contempler le fuit de cette indissolubilité, pour eux, en eux et pour leur entourage.

Mais voilà comme dans la suite de l’évangile où Jésus demande d’accueillir le petit, l’être fragile que nous sommes tous, l’homme pécheur que nous sommes tous, notre vie peut être marquée par des ruptures. Nous ne sommes pas Dieu. Nous sommes invités à vivre de ce qu’il est mais voilà nous ne sommes pas Dieu.

Est-ce que cela signifie que tout est foutu si nous avons vécu une rupture, que nous sommes bannis à jamais, ne pouvant plus bénéficier de la grâce des sacrements parce que nous avons cru à un moment à l’amour dans une nouvelle union ; à un amour qui renaît et donne vie. Tout amour véritable est indissoluble, nous dit l’évêque d’Oran, Jean Paul Vesco, dans son magnifique petit livre. Tout amour véritable est indissoluble au sens où l’indissolubilité ne vient pas que du mariage sacramentel mais de l’amour même entre deux êtres comme un don de Dieu, comme un amour qui dépasse la seule volonté et la seule force du couple.

Le Pape François dans son encyclique la joie de l’Amour veut proposer un chemin de relecture et de discernement aux personnes divorcées et divorcées dans une nouvelle union. Un chemin de relecture pour faire vérité sur son histoire dans les mains aimantes de Dieu et d’une communauté, pour que sur ce chemin les personnes puissent vivre de cet amour conjugal décrit par Jésus et L’Église avec la grâce des sacrements et puissent trouver toute leur place dans la communauté.

Je suis heureux que nous proposions dans ce groupe Dieu dans ma famille d’aujourd’hui, cette relecture de vie à des personnes divorcées, divorcées dans une nouvelle union, homosexuelles, couples d’une première union, prêtre car tous, nous vivons les mêmes épreuves, partageons les mêmes désirs, les mêmes questions et les mêmes espérances.

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