Fête du Christ-Roi – 25 novembre 2018

Homélie sur le Royaume de Dieu

Dn 7, 13-14 Ap 1, 5-8 Jn 18, 33b-37

En cette fête du Christ-Roi frères et sœurs j’aimerais que nous méditions sur la royauté du Christ, le royaume dont il nous parle si souvent dans l’Évangile. A quoi cela nous appelle en nos vies et dans notre paroisse.

Tout d’abord vous l’avez perçu la royauté du Christ n’est pas de ce monde. Elle est une royauté dont le trône est une croix. Un roi couronné d’épines qui montre à quel point être roi, pour Dieu, c’est être au service, c’est se donner par amour. A la lumière de l’Évangile, nous percevons que le royaume de Dieu est un royaume où tout homme et toute femme et particulièrement les plus pauvres ont leur place. Un royaume marqué par une communion d’amour, de paix, de justice, les uns avec les autres et avec Dieu. Un royaume qui est d’abord don de Dieu que nous ne pouvons pas bâtir sans lui, sans le souffle de l’Esprit. Un royaume auquel nous sommes invités à participer, auquel nous espérons participer pleinement à notre mort.

Heureux les pauvres de cœur car le Royaume des cieux est à eux. Frères et sœurs de qui sommes-nous les pauvres, de qui sommes-nous les riches ? Nous sommes toujours les pauvres de quelqu’un et les riches de quelqu’un. Il n’y a pas d’un côté, nous et de l’autre les pauvres, d’un côté les riches et de l’autre les pauvres. Il y a en tout homme richesse et pauvreté. Quelles sont à chacun nos pauvretés ? Derrière ce mot pauvreté il y a tous nos manques, toutes nos incapacités à faire confiance, à accueillir, à lâcher prise, toutes nos fragilités. Un ami me dit toujours, Damien ce qui fait ta beauté, ce ne sont pas tes forces, c’est ta fragilité et ta faiblesse qui te donnent de t’arrêter et d’écouter alors que ta force te donne de foncer en passant à côté, sans voir, et parfois d’être brutal. Et si nos fragilités et nos pauvretés devenaient une richesse pour les autres. Quand je vois quelqu’un qui a peu de moyens financiers et à quel point il peut avoir confiance en Dieu, il vient me réveiller dans ma foi, dans mon incapacité à faire confiance. Heureux sommes nous si nous sommes des pauvres en creux, en désir de Dieu et des autres. Que ce creux nous donne de crier vers Dieu, et que notre cri, nous donne d’écouter le cri de ceux qui crient à côté de moi.

Cette pauvreté de cœur qui me tourne vers Dieu et les autres nous interroge sur ce qui est la vraie richesse, sur le sens de nos richesses matérielles. Comment sont-elles à relativiser ? Comment sont-elles à mettre au service des autres car elles peuvent aider tant de gens à sortir de la misère qui broie, car l’accumulation des richesses peut me perdre dans une course effrénée à la possession, aux dépenses vers le bonheur futile, aux replis sur mon confort etc.

Notre paroisse doit continuer de s’engager sur cette béatitude et à accueillir toutes ces formes de pauvreté qui touchent nos vies. S’engager à refuser et luter contre ce qui est misère, pour bénéficier des richesses de ce que nous sommes et de Dieu quand nous sommes pauvres et fragiles.

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